Chez Tonton par marsemd2013

Publié le par MarsEMD2013

Chez Tonton par marsemd2013

"Chez Tonton"

Rien qu’en lisant le titre de cet article, vous ressentez quelque chose de familier. Tonton, c’est un des frères de vos parents, toujours le premier pour raconter des blagues en dessous de la ceinture, toujours le premier à vous resservir à table lorsque votre verre est à moitié vide ou à moitié plein (chez lui le verre est toujours trop vide), le premier à vous raconter ses exploits de jeunesse lors des soirées étudiantes où il ne se privait pas de danser nue sur le comptoir un verre de pastis à la main. Tonton c’est l’homme que vous voudriez être plus tard, c'est peut être même l'homme que vous êtes (chanceux và !)

Lorsque vous parlez de « Chez Tonton » a un toulousain, c’est comme si vous lui parliez des quatre Brennus remportés d’affilé dans les années 90 par le « stade », comme si vous lui disiez que vous avez réussi à déjeuner à l’Entrecôte sans avoir fait la queue, comme si vous lui disiez que vous avez traversé la rocade à 17h30 en 15min. Il y a quelque chose d’incroyable dans le nom de « Chez Tonton ».

Vient s’ajouter à ce nom incroyable le slogan « Pastis Ô Maitre ». Ce slogan fait à mon sens parti des plus géniaux de ce dernier centenaire avant le « C’est fort en chocolat » de Chocapic et « En grève jusqu’à la retraite » de la SNCF. Ce slogan est pratiquement devenu un mode de vie, de pensée, de boire pour la plupart des toulousains. Il peut et doit être interprété de différentes sortes : la première est un hommage sans faille à cette vénérable boisson anisée, la deuxième est le mode d’emploi pour que l’hommage soit irréprochable.

Une légende court qu’un parisien, néophyte des nuits toulousaines se serait moqué d’un jeune étudiant en droit à propos de sa consommation de pastis. Il lui aurait demandé : « Tu en es à combien de pastis ? », et l’étudiant quelque peu titubant lui aurait rétorqué « 1,5 ». Le parisien riait à pleine dents et avança que chez lui, même les fillettes de 5 ans buvait plus que ça à leur petit déjeuner. L’étudiant vexé mais serein proposa une gasconnade au moqueur à la mèche longue. Il promit que s’il arrivait à boire la même chose que lui, il se jetterait nue dans la Garonne. Le parisien accepta le défi, le toulousain rentra dans le bar et revint 5min après, les cheveux mouillé par quelques pintes de bière qu’une équipe de rugby locale lui versa malencontreusement sur la tête suite à un « Paquito » dans le bar. Il déposa sur la table 2 plateaux jaunâtres estampillés « Un Ricard sinon rien » sur lesquels étaient disposés de façon quasi militaire 40 verres de Ricard. Le parisien devient blême et tremblant demanda à son opposant : « Non mais attend, c’est ça 1,5 pastis ? », l’étudiant rétorqua : « Non, là il y en a 2 mais j’en ai pris 0,5 pour moi pour te tenir compagnie ». Le parisien découvrit en même temps qu’il buvait qu’ici le pastis se buvait au mètre et non au verre. Il but son dû et on raconte que jusqu’à la fin de sa vie, il ne put approcher d’une seule bouteille de Ricard ni d’un toulousain d’ailleurs.

Vous rendez-vous compte ? Les soirs d’happy hour, à chaque mètre commandé la maison vous offre le deuxième… Quand on sait cela, plus rien ne peut vous étonner. Ce qui se passe « Chez Tonton » reste « Chez Tonton ». Il n’est pas rare de croiser un chargé de TD entrain de simuler un crawl sur le carrelage imprégné de chute de bière ou de pastis sa cravate autour de la tête, un policier municipale en uniforme, la clope au bec entrain de danser une nénette sous chaque bras, un chasseur, fusil à l’épaule dégustant un petit jaune avant de rentrer au bercail plumer le gibier. L’esprit de « Tonton » c’est ça, un mélange de pastis et d’eau, un mélange d’étudiants et de professeurs, un mélange de cadres et d’ouvriers.

Le secret de ce savant mélange, c’est Françoise qui le détient et nul ne doute qu’elle le transmettra à sa descendance et qu’à Toulouse le pastis sera toujours « Ô Maitre ! ».

Pierre de l'équipe marsemd2013

Pastis Ô Maitre par marsemd2013

Pastis Ô Maitre par marsemd2013

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Momo 11/02/2014 11:29

Comme une envie de rentrer au bercail! Le coup des parisien est très vrai :)

Pierre 05/02/2014 15:24

Vraiment terrible cet article !!!!