Quand tu dois aller en pension par marsemd2013 -suite-

Publié le par MarsEMD2013

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Et pourrquoi s'arrêter si vite... Après tout... Si la pension c'est la vie, si aujourd'hui tout semble fini... Pourquoi ne pas continuer encore !? Il y a des rêves que l'on pousse un peu parfois, rien que pour le bonheur de s'y surprendre heureux, Ce rêve moi je le pousse à mon tour; pour que plus qu'un souvenir qui te revienne un peu, il s'imprime à jamais sous mes mots, mes idées ! D'une froide nuit de janvier dans le Connemara, c'est au coin d'un feu de tourbe, du rebord d'une table cirée au bois noirci par le temps, et dans l'authenticité toute singulière d'un pub irlandais feutré et rassurant que je ferme les yeux, poète nostalgique de nos vins de pays, je songe aux robes ambrées de nos liqueurs gersoises... Nous avions 15 ans... Une Guiness amère me ramène à saint jean...il est 06h00 je me lève d'un bon, mon réveil sonne dans 2 min, il faut faire vite... Tu t'en souvient, ils sont en bas, dans le placard, les parents dorment encore... Je descend doucement, l'escalier, le couloir, sournois comme une bécasse qui coule, je pénètre dans la cuisine, il en reste beaucoup, je les ai conté, je les ai rêvé cent fois... Ce sont mes pâtés, mes saucissons, mes grattons. J'en tiens un: il est trop beau; peut être trop bon, non pas celui là...il a du fois gras ; oh et puis si non il va me manquer ; je le prend, et puis l'autre, le saucisson... Non c'est trop, et puis le vin va s'entendre, 2 bouteilles pour la semaine, c'est bien trop; ça va se voir, mais c'est si peu ! J'hésite, et remet, non rien est trop beau, je prend tout - tu t'en souviens ?! - Comme un Cyrano je glisse dans la nuit le long des rampes; le cœur gonflé, enhivré du bonheur te tenir au creux de mes bras la plus belle vérité: mon terroir, mes racines, mon sud ouest qui m'attire et que je vole presque sans frémir ! Il est 06h15 ... Tu t'en souviens ? Je descend ma valise comme on porte un cercueil ; fragile et riche d'une éternité de véritées cachées ; je la sait aussi dangereuse qu'indispensable ; elle est mon phare; elle porte aussi mon panache, c'est presque transcendant ! Le moteur de la voiture tourne, je porte mon précieux attirail jusqu'au coffre... La route est longue jusqu'à la gare... Ah les gars qu'est ce qu'il me tarde de l'ouvrir ! Et puis le lundi... C'est Bonnet, ça c'est terrible ! Je descend de la voiture... Il y a Mimi, Ralph, et les Boyers qui sont sur le quai... Voie A... de cette gare de Toulouse Matabiau que je quitte avec vous dans 3minutes à peine ... Mais où êtes vous les gars !? Il est 52, et bientôt 53 ! Bonneau, Albé, Berenice, Ginesty quoi !! Montazeau t'étais où !? Ils sont où les copins.... ?! - " Et Couzinet viens on est voiture 13 on a un compartiment !" - " Roooh dites donc les gars... J'ai .... Roooo j'ai eu peur.. ; Excellent attend... J'prend ma valise ... OHHH DE GAUTRÉ !!! Ramenez voussss, on a un compart' " À que je les aimais ces départs de Toulouse, la gueule enfarinée et le cœur plein de verve, il y avait Montazeau et son mp3, il y avait Bonneau et ses roulées, Ralph et ses dunhill, les fortuna, les basics, la pipe de pierro et puis mon saucisson... encore fumant de sa fleur blanche, et qui embaumait le wagon entier; dans ces matins d'avril, où le soleil ne se lèverait qu'à Sainte-Mère, ou à Astafort, pour réveiller les jeunes blés et réchauffer les premiers semis de tournesol. Sur les flancs des collines gasconnes. Là, bercés par l'inexorable roulis et le rythme des rames chevauchant les rails, nous n'aurions pu être que quelques copins cheminant vers la pension... Mais c'était bien à Lectoure que nous allions. Refaisant le monde sous nos panaches de fumée... C'était il y a 10ans les copins ... On fumait encore dans les trains ! Agen, Agen... 2 minutes d'arrêt ! Tu t'en souviens ? "mesdames, messieurs, bienvenue en gare, d'Agen..." Ah cette voix... Et cette petite note de musique de la SNCF... Le chant de la terre promise, la sonate de l'amitié et du partage; de la jeunesse et des amours impossibles. Qu'est ce qu'elle était bonne cette petite musique... Là, il y avait le bus: le 1er, le 2nd... L'important était d'être ensemble... C'était dur parfois... Les soutes étaient pleines à craquer ! Je me souviens encore du regarde de marin de ce chauffeur ridé à la mâchoire large et au regard bienveillant qui nous conduirait en paradis... Et de nos départs énergiques pour faire chauffer les mécaniques avant d'affronter les bords de Garonne encore parfois gelé... Je me souviens de ces premiers baladeurs au format de clef USB 256 Mo... Mais c'était bien assez pour entendre à l'aube, quelques notes de guittare "dans cette chambre noir"... Là on retrouvait les copins d'Agen, du passage, et d'ailleurs en Lot-et-Garonne, il y avait de Flaujac, Anaïs, Bénédicte, Massie (et ces deux là aujourd'hui mariés..), Françoise ... Et les autres... Il en aurait manqué beaucoup du bus numéro 3... Mais celui-là arriverait d'Auch, et avec lui, bientôt son lot de trésors, et de souvenirs intarissables ! Ines, Gauvin, Lacroix, d'Argaignan, Titus...Suffran peut être, je ne sais plus... Déjà ... Astafort... je crois que j'ai toujours passé ce "village" avec toi Francis... Regardant passer le Gers, le front contre la vitre, dans "la cabane du pecheur"... Ou "à l'encre de tes yeux", "bonne nouvelle" même si j'étais un peu... "Hors saison", comme "assis sur le rebord du monde"... "il reste une carte postale"... Ah ces chansons... Les titres à eux seuls sont pour moi des poèmes ! "qu'est ce que t'en dis" !?... Avant d'arriver à sainte-mère, il y avait ces virages et ces collines, ces vues incroyables d'une terrible beauté pour nous qui partions en cours... Et c'est vrai que chaque lundi, nous aurions bien pris quelques heures pour marcher vers l'horizon, Le long des haies, et dans les champs, pour rattraper le soleil. Sainte-mère ... TOUJOURS des chevreuils à sainte-mère ! Là sur la gauche, il y a un petit lac en contrebas... Il y avait aussi parfois quelques colverts qui se levaient en même temps que le soleil... Ah... Le soleil... On le chantait à chaque fois le soleil ! C'était terrible ! Est ce que tu te souviens ? Après les premiers rayons il y avait ces cabanes de vignerons, ces morceaux de murs, ces maisons en ruine... Celle du pierro, celle de Ben... Tout les lundi c'était pareil, et d'année en année, on racontait aux nouveaux qu'un matin on avait dit... Ben voilà... Je veux celle là ! Comme si à peine vivant, et dans la certitude du bonheur, nous savions déjà qu'il faudrait mourir là ! Lectoure, c'est avant tout une cathédrale sur le rocher, et quelques minutes après les chevreuils, on en voyait déjà le clocher... C'était presque la fin d'un beau voyage, il restait quelques champs de melon, et les grands chênes de Foissin à passer, mais Ghislain était déjà en cours ! Nous arrivions avec 30min de retard sur les autres élèves du lycée... Presqu'un privilège ! Mais c'était sans compter sur la vigilance de ce cher Jean Luc, qui gauloise aux aux moustaches, nous attendait en land rover, caché le plus souvent sous les marronniers d'un parking qui aujourd'hui a bien changé ! Alors, il fallait descendre les sacs le long de cette rue pentue et aux trottoirs accidentés... Pour arriver après une "dernière" cigarette, au portail. Dans quelques heures, et après ce premier cour... nous nous retrouverions enfin...

Merci Amaury Couzinet pour ce délicieux récit.

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