Quand tu dois aller en pension par marsemd2013

Publié le par MarsEMD2013

Marsemd2013 vous accompagne au cœur de l'amitié, de la solidarité, de la communauté, de ce qui a probablement inspiré J.R.R Tolkien dans l'écriture de son célèbre roman Le Seigneur des Anneaux.

« Tu iras en pension ! »

Ça y est ! c’est fait ! le paternel a tranché ! Même après avoir vu deux de mes frères partir pour ce bagne un an auparavant jamais je n’aurai pensé qu’il prendrait la même décision pour moi… Malgré les efforts démesurés de maman pour l’empêcher de voir à nouveau partir un de ses fils loin de la maison. Comme un jeune soldat en 1914 qui partirait défendre la patrie, un fusil familial sur l’épaule. La sanction était juste néanmoins. Après avoir brillamment redoublé ma 4ème et manqué de redoubler ma 3ème l’année d’après et usé mes professeurs de Toulouse jusqu’à la corne, mon niveau de rugby ne faisait pas le poids et je partis dpour le Gers. Loin de mes repères toulousains.

Et oui, le petit Pierre de Marsemd2013 aimait bien sa ville rose. Mon appréhension ne dura en réalité qu’une journée. Il fallut prendre un train le lundi matin à 6h30 de Toulouse jusqu’à Agen puis un bus spécialement affrété pour nous jusqu’à Lectoure. Quelques heures de voyages, quelques champs de tabac, quelques fermes et quelques virages plus tard me voilà rendu devant l’enceinte du lycée. Grand bâtiment des années 60, gris comme un jour d’été dans le Nord Pas de Calais avec pour unique fantaisie, une vigne vierge morte depuis quelques temps après que des lycéens aient décidé d’y tronçonner la base.

Ce lieu allait devenir mon quotidien pour au moins 3 ans, seulement 3 ans… car je ne le savais pas encore mais ces années allaient être les plus belles et les plus intenses de toute ma vie ! Fini les petits plats de maman, les soirées devant la télé, l’intimité d’une chambre à soi. En pension tout se partage : les stocks de saucisson, de Pringles crème oignon, de pistaches, de sucreries en tout genre…

La pension c’est comme le service militaire mais sans uniforme. FAUX l'équipe marsemd2013 n'est pas d'accord! La pension c’est comme si tu étais en vacances avec tes cousins et que de temps en temps tu assistais à des cours pour occuper ta journée. En pension on se fait des amis pour la vie : il y a les toulousains comme Albéric, Tristan, Maxime que tu connais depuis longtemps et qui subissent le même sort que toi, il y a les enfants de paysans comme les Flaujac qui ne cessent de penser à la prochaine récolte de tabac et à la politique d’agriculture commune de l’UE, il y a les chasseurs comme le Riton, le Stiers, le Couzinet qui, après chaque WE nous racontent leurs exploits de chasse et nous font déguster leurs terrines en tout genre autour d’un concours de celui qui boira le plus de verre d’eau (concours gagné par le Stiers soit dit en passant), il y a les fils d’intellectuels et scientifiques du pays comme le Dargui et le bon vieux Suffran qui nous délectent de récits historiques et traditionnels de la Gascogne (cet amour de la Gascogne les aura poussé jusqu’à passer l’Occitan au baccalauréat).

Il y a un trois sujets principaux qui unissent tout ce panel de joyeux lurons : le rugby, l’apéro et les blagounettes. St Jean aurait pu créer le prestigieux label de « Sport Etudes et Rigolades ». 10 minutes de libre et une partie de touché s’organisait dans la grande prairie. Une bute servait de tribune à ces joutes durant lesquels chacun exprimait plus ou moins bien ses talents sportifs. Peu importe les capacités, en pension ce qui compte le plus c’est la volonté et l’agressivité ! Si auparavant les hommes se provoquaient en duel pour laver un affront, en pension c’est sur un terrain de rugby que les comptes se réglaient. Ce qui a parfois fait évoluer le « touché » en « plaqué » ou en « poussé » dans la haie maigrelette qui servait de ligne de touche…

Après le rugby c’est l’étude. Ce temps d’étude censés nous offrir la possibilité de combler quelques lacunes en mathématiques ou en philosophie était plus un laboratoire dans lequel œuvraient les âmes les plus machiavéliques pour inventer LA blagounette qui marquerait l’histoire du lycée. L’opération « bonbon à la menthe » qui consistait à verser du laxatif dans le breuvage des professeurs lors de virées nocturnes, le potager clandestin, les sorties illicites en pyjama à 3h du matin pour se rendre au bar du coin sous la complicité du barman qui nous attendait, les plans de bizutages des « petits seconds » un peu trop effrontés, les vengeances sur un pion ou un professeur qui aurait injustement jugé l’un des nôtres … Toutes ces actions ont été imaginées durant ces heures d’étude. C’est pendant ici que j’ai regoûté aux joies des retenus.Cela faisait longtemps que le petit Pierre de l'équipe marsemd2013 n'avait pas été en retenu. Seulement en pension et quand tu es capitaine de l’équipe de rugby du lycée tu as certains privilèges, comme par exemple la dispense de retenus le mercredi après-midi, l’entraîneur/pion du jour qui te fais ton lit le matin pour t’éviter de remonter 2 étages après ton petit déjeuner… Néanmoins, auprès être passé à de nombreuses reprises entre les gouttes, le saut d’eau me tomba sur la tête. Le pion du jour, dont le jugement fut surement hâté par un petit excès de mauvais vin jugea qu’il n’était pas bon de siffler un camarade de rigolades comme on siffle une belle fille qui passe. Je pensais être suffisamment camouflé mais en vain. J’étais invité à rester au lycée un vendredi soir et un samedi matin pour honorer mon châtiment (merci Pascal). Ironie du sort, je me retrouvais donc accompagné par deux petits collégiens de 6ème dont j’étais le pion avec mon ami Augustin durant l’année de Terminal.

Avec le pion qui était autant puni que nous vu qu’il restait bloqué au lycée un vendredi soir au lieu d’aller se faire un p'tit bowling avec sa nénette nous décidions de commander des pizzas et de brancher la Play Station sur la télé du lycée… Même les retenus en pension ont une saveur toute particulière !

Les anecdotes sur la vie de la pension sont très nombreuses et il est difficile de toutes les décrire dans un article de blog. Il faudrait une bonne bouteille de rouge, un peu de saucisson et tous mes amis pour avoir un inventaire complet… Il y avait les paquets de Gauloise brunes sans filtre offerts par Madame Azema, la marchande de bonbons, l’ordre du Directeur de passer les mercredis après-midis dans un bar plutôt que dehors, les finales de rugby perdu contre les catalans à la coupe iroquoise, les concours du lancée de vache qui rit sur le spot de la cours de récréation, les frites du mardi, la chorale, les cours de philo de Monsieur Klein, la moustache de Monsieur Granier, les années disco de Monsieur Pascaud, les tas derrière le labo, le clopage clandestin dans la haie, les baffes du Directeur à Amaury, la soirée de Noël des Terminales, la chambre Georges Brassens, Barreau t’as le barreau ? , les flasques d’Armagnac pendant la course d’orientation, l’interdiction de bécoter les petites nénettes dans l’enceinte de l’école, le film du mercredi soir, les « je double » par 3, les Spinazéééééé, …

Il y a tant de choses à dire sur la pension. Une chose est sûre c’est que la pension c’est la vie !

Pierre de l'équipe marsemd2013

Publié dans éducation

Commenter cet article

Amaury 10/02/2014 19:53

C'est beau...

pierre 11/02/2014 00:01

Merci bonhomme ! J'espère t'avoir rendu hommage comme il se devait à travers ces quelques lignes

FEVRE 10/02/2014 17:05

Joli article! Suis aussi passée par ces 3 années de "bagne" ;-) Le bonheur ce lycée!!!!
Avec Bernard Bonnet et Jojo, Pierre Gardeil... Que de beaux souvenirs....

pierre 11/02/2014 00:01

Merci ! J'ai essayé de retranscrire un maximum de choses en un minimum de lignes. C'est de l'ultra concentré de Lectoure...